(Notre camping)
Voici le début de mes photos de l'Ile de Paques, Isla de pascua, Rapa Nui en Rapa Nui (la langue des rapa nui, les habitants de l'ile) (oui ça fait un peu schtroumpf comme phrase), surnommée Te pito o Te henua, le nombril du mond,e parce que c'est l'endroit au monde le plus éloigné de tout, à 4h en avion du Chili et de Tahiti, et rien entre. L'ile a beau être chiliennne, sa culture est clairement polynésienne, on a même eu le droit aux colliers de fleurs et de coquillages en arrivant à l'aéroport (je vous en épargnerais les photos). Ainsi, grâce à Robin, ma colocataire hollandaise, qui nous a convaincu, Pauline, Steffie (allemande) et moi que les billets d'avion étaient tellement peu chers (en été ils peuvent aller jusqu'à 400 euros l'aller-retour, mais ici on est encore en plein hiver) que ça valait le coup de partir aussi loin du Chili (et à 4h plus près de la France, tout près si on pense à Tahiti!). Voilà comment on s'est retrouvé à Rapa Nui, après avoir poirauté 6h à l'aéroport de Santiago pour cause de problèmes techniques. Nous sommes arrivées le mercredi dans la nuit, voici les photos de jeudi.
Nos premiers Moais, les plus impressionants, ceux qui m'ont donné la chaire de poule. Au 20ème, on s'habitue...Mais là, ils étaient là, debouts, majestueux, imposants, magiques, mystiques...Et c'est...wow. Avec levent et le bruit de la mer, encore plus!
Les moais font en général 3 à 9 m, et sont tournés vers l'interieur de l'île, parce qu'ils représentent les ancêtres, qui veillent sur leurs descendants. On dit qu'il y en a 900 sur l'ile, mais tous ne sont pas impressionant comme ça: souvent, on en voit et on pense que ce sont des des gros cailloux ou des rochers à la forme étrange... 300 seulement (!) ressemblent vraiment à des moais et le sont sans aucun doute. Ils ont été fait entre 900 et 1600 avant JC. Après la mort des ancêtres, les familles les plus riches faisaient construire un moais le réprésentant (pour cela, en observant bien, on peut se rendre compte qu'ils sont tous différents. Par exemple, les longues-oreilles sont les anciens chefs de tribus). Le moais était donc vraiment une question de statut social: Cela coutait cher de le faire fabriquer, mais surtout de le déplacer de la carrière à l'ahu (autel), souvent au bord de la mer, près du village appartenant à la famille en question. Bien que les archéologues se demandent encore comment les rapanuis déplacçaient les moais, ce qui est sur est que cela prenait plusieurs mois et qu'il fallait nourrir plusieurs dizaines d'ouvriers pendant ces longs mois.
Un des seuls moais à qui il reste des yeux en corail, les autres étant partis avec le temps. Pourtant, le moais était complet seulement avec ses yeux, puisqu'ainsi l'ame de l'ancêtre revenait dans le moais. Le chapeau est fait dans une autre carrière que le moais, mais personne ne sait ce qu'il signifie. Certains disent, à cause de sa couleur rouge, qu'il représenterait les organes génitaux féminins, et que le moais serait un symbole phallique, porteur de fertilité pour sa tribu.
Robin et Steffie
Un moais moins bien conservé, et sans oreille! (donc pas un chef)
Robin et Steffie, de derrière :
Après cette petite approche de l'île, on a fait une petite randonnée improvisée, toute l'aprèm. Problème: aucune indication sur cette île, et de grandes grandes étendues inhabitées. Résultat: On avait pas d'eau et j'ai bien crut qu'on s'était perdues. Mais non! On a aussi vue une grande charmante mais dont je n'ai pas de photos, et surtout n' a pas pu la visiter car pas de lampe de poche (et donc déconseillée par le routard). Il s'est ensuite mis à pleuvoir à verse, on a donc accéléré, arrêté la 1ère voiture (c'est très facile de faire du stop à rapanui), et on s'est réhydraté tout en mangeant des empanadas de fruits de mer, spécialité locale.
Heureusement que pour le camping nous avions prévu le nourriture, le coût de la vie et surtout de produits alimentaires étant 3 à 4 fois plus important que sur le "conti". En effet, absolument tout est importé. Les chiliens vivant sur l'île raconte que ce qu'il leur manque, c'est d'avoir du choix dans les produits...Et si le bateau ne vient pas pour cause de mauvais temps, pas de lait, même pas à un prix exhorbitant, pour ton petit-déjeuner! Les jeunes, eux, disent que même si ils adorent "leur" île, et qu'ils ne s'imaginent pas vivre au Chili (eux ne se considèrent pas vraiment comme des chiliens), il s'ennuient un peu, tout de même, sur cette ville avec moins de 4000 habitants...(2000 rapanuis et 2000 chiliens)
Bon, à côté de ça, c'est quand même pas désagréable de vivre là bas, il sont mieux payés et ils ont pour voisin des moais, ils passent leur vie à surfer, ils se connaissent tous et s'entraident beaucoup, et ils ont les paysages les plus extraordinaires que j'ai jamais vus...

"Ne laisse pas à quelques un ce qu'aujourd'hui nous pouvons tous faire"
Dérivé d'une expression chilienne "Anque la mona se viste de seda, mona se queda" (même si la guenon s'habille en soie, elle reste une guenon", la LOCE étant la loi sur l'université, qui a été mise en place sous la dictature, et a seulement subit des ajustements depuis.
"Meurt de vieillesse, pas d'endettement"
"Dis moi où tu étudies, je te dirais qui tu es"
encore un dérivé d'une expression populaire "Que no nos pasen gato por liebro", qu'on ne fasse pas passer un chat pour un lièvre" (expression venant d'un temps où, quand on n'avait plus d'argent pour servir un lièvre à ses invités dans la campagne chilienne, on cuisinait un chat et lui rajoutait des oreilles). Ici, lièvre est remplacé par livre, libro.
Marco Enriquez Ominami, le plus mal placé du trio dans les sondages, celui qui me plait de plus.Candidat indépendant, normalement au Parti Socialiste, mais le PS soutenant toujours le candidat de la concertacion, il a du faire scission...Le PS ici est 10 fois plus divisé qu'en France, je suis allé aux réunions du PS de l'école. Ils sont 4 militants très actifs: Un fait campagne pour Frei, 1 pour le candidat communiste, 1 pour MEO et 1 ne sait pas encore. Enriquez-Ominami est le seul candidat représentant "la gauche", pas celle de la concertacion mais la vraie gauche, qui peut s'imaginer un jour à la Moneda, dans ce pays plutôt conservateur. Bien que donnant un coup de jeune à la politique chilienne, il ne fait pas moins parti de l'oligarchie chilienne: Fils de Marco Enriquez, fondateur du MIR, mouvement de la gauche révolutionnaire chilien, ayant proné la lutte armée, appuyé Allende et ayant été pourchassé sous la dictature, durant lequel le MIR a commis des actes de résistances. Ominami, son père adoptif, est sénateur pour le parti socialiste. Il est crédité de 17% des intentions de vote. 



